Au cœur de l’usine Jean-Luc Lagardère réaménagée, l’avionneur européen accélère ses cadences de livraison pour répondre à un carnet de commandes record, tout en mobilisant la filière aéronautique d’Occitanie.
À l’extrémité nord des pistes de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, les premiers rayons d’automne éclairent les empennages fraîchement peints au centre de livraison Henri Ziegler. Parmi eux se détache la silhouette de l’A321XLR. Capable de franchir 8 700 kilomètres tout en réduisant significativement la consommation par siège, l’appareil révolutionne le long-courrier point-à-point et s’impose comme le pivot industriel des sites historiques de Haute-Garonne face à un carnet mondial record dépassant 8 700 monocouloirs.

La métamorphose de l’usine Jean-Luc Lagardère
Édifiée pour l’A380 sur une emprise géante de 200 000 m², la halle Jean-Luc Lagardère a achevé sa reconversion en une ligne d’assemblage final (FAL) ultra-moderne dédiée à la famille A320/A321. Dotée d’outils digitaux en réalité augmentée, de robots mobiles autonomes (AGV) et d’une flexibilité permettant d’intégrer les spécificités structurelles de l’A321XLR (notamment son réservoir central arrière RCT), l’installation répond à la demande massive pour l’A321, qui représente plus de 60 % des commandes de monocouloirs.

Cap sur 75 appareils mensuels : extension des infrastructures
Pour atteindre la cible globale de 75 monocouloirs assemblés par mois fin 2027, le complexe toulousain a engagé un vaste programme d’extension sur 18 hectares. Symbole de cette montée en puissance : l’inauguration d’un nouveau bâtiment de 35 000 m² dédié à l’achèvement cabine, aux finitions et aux essais sol. Cette infrastructure moderne permet de fluidifier les opérations et de raccourcir les délais de remise des clés aux compagnies clientes.
Mobilisation de la supply chain et des motoristes
La réussite du rythme de production repose sur la synchronisation optimale des équipementiers. Qu’il s’agisse des turboréacteurs LEAP-1A de CFM International ou des GTF de Pratt & Whitney, les livraisons de moteurs demeurent sous haute surveillance. À Toulouse, une cellule de gestion dédiée travaille au quotidien avec les motoristes et les sous-traitants pour lisser les approvisionnements et éviter tout goulet d’étranglement sur la chaîne d’assemblage.

Une dynamique industrielle partagée avec les sous-traitants régionaux
Avec 18,8 milliards d’euros d’achats annuels réalisés en France auprès de 3 500 partenaires, Airbus dynamise l’ensemble de l’écosystème d’Occitanie :
- Fournisseurs de structures : Recaero en Ariège et Mecachrome fournissent les pièces élémentaires et les ensembles mécaniques de haute précision.
- Métallurgie de pointe : Aubert & Duval à Pamiers produit les pièces forgées critiques en titane et aciers spéciaux supportant les trains d’atterrissage et attaches réacteurs.
- Traitement et finitions : Satys à Blagnac assure la peinture technique et l’application des livrées des compagnies clientes.
- Compétences et formation : Le futur campus « eOle » à Saint-Martin-du-Touch préparera 450 apprenants par an aux métiers aéronautiques de pointe.
Perspectives : Toulouse, capitale du monocouloir long-courrier
En redessinant la géographie des vols intercontinentaux directs sans escale, l’A321XLR conforte Toulouse comme métropole phare de l’aviation commerciale. La modernisation de la FAL Lagardère illustre l’agilité de l’industrie occitane, transformant un défi industriel sans précédent en un standard mondial d’efficacité.

